Les parrains

TO GO WITH: Cambodia-genocide-tribunal-UN-film-diplomacy by Rene Slama Cambodian film maker Rithy Panh poses at his office at the Audiovisual Resource Center Bophana in Phnom Penh, 09 April 2007. Cambodia's most famous filmmaker Rithy Panh, whose documentaries take an unflinching look at the legacy of the Khmer Rouge, believes the genocide trials here need a top diplomat to jump start the process. AFP PHOTO/ TANG CHHIN SOTHY (Photo credit should read TANG CHHIN SOTHY/AFP/Getty Images)

RITTY PANH, président d’honneur

Rescapé des camps de travail des khmers rouges dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille, Rithy Panh rejoint en 1979 le camp de Mairut en Thaïlande puis arrive en France en 1980.

Après une période où il essaye de rejeter tout ce qui pourrait lui rappeler le cauchemar dont il vient de sortir, jusqu’à la langue khmère, il décide de se consacrer à un travail de mémoire à travers le cinéma4. Il abandonne alors ses études de menuiserie et entre à l’IDHEC dont Il sort diplômé en 1988.

Son premier documentaire, Site 2, traite déjà du Cambodge, et plus particulièrement des camps de réfugiés en Thaïlande. Le succès de cette première œuvre lui ouvre les portes de certains commanditaires au rang desquels on retrouve la chaîne de télévision franco allemande Arte et le groupe français Canal+.

Après d’autres documentaires, eux aussi pour la plupart consacrés à son pays d’origine, il se fera connaître d’un public averti grâce aux Gens de la rizière, son premier long métrage de fiction. Ce sera aussi le premier film cambodgien jamais présenté au festival de Cannes et il concourra pour la palme d’or.

En 1995, il est nommé coresponsable de l’Atelier Varan au Cambodge en vue de former de jeunes cinéastes aux documentaires.

Suivront de nouvelles œuvres qui toutes ont pour toile de fond un Cambodge qui a du mal à panser ses plaies et où Rithy Panh démontre son talent à immortaliser des tranches de vies dans lesquelles les protagonistes donnent l’impression de se livrer tout en oubliant la caméra.

Une nouvelle étape dans la notoriété sera franchie avec la sortie, en 2002 de S21, la machine de mort Khmère rouge qui est présenté hors compétition au festival de Cannes et qui traite du devoir de mémoire à une époque où le processus de mise en place des chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens est enlisé dans des querelles picrocholines entre le gouvernement cambodgien et l’Organisation des Nations unies.

Suivront Les Artistes du théâtre brûlé, un documentaire lui aussi présenté hors compétition à Cannes qui traite de la difficulté qu’ont les artistes pour trouver leur place dans la société cambodgienne d’aujourd’hui, puis Le papier ne peut pas envelopper la braise, qui montre le sort cruel des prostituées de Phnom Penh avant de se lancer dans un nouveau genre, à savoir l’adaptation du roman de Marguerite DurasUn barrage contre le Pacifique avec notamment Isabelle Huppert.

Parallèlement à ses films, Rithy Panh a initié la création du Centre Bophana, un centre de ressources audiovisuelles qui a été inauguré le 4 décembre 2006 et qui permet au public cambodgien de consulter les archives collectées sur le Cambodge aux formats vidéo, audio ou photographique. Le Centre a été nommé Bophanaen hommage à l’héroïne du film éponyme de Rithy Panh.

 

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ABBAS FAHDEL, parrain de l’association

Installé en France depuis l’âge de 18 ans, il y étudie le cinéma en suivant notamment les cours d’Eric Rohmer, Jean Rouch et Serge Daney, jusqu’à obtenir un doctorat de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

En janvier 2002, muni d’un passeport français, il retourne en Irak et y tourne Retour à Babylone, un documentaire dans lequel il s’interroge : « Que sont devenus mes amis d’enfance ? Qu’est-ce que la vie d’ici a fait d’eux ? Qu’est-ce que la vie d’ici aurait pu faire de moi si je n’avais pas choisi de suivre ailleurs le cours de ma destinée ? » En filigrane de cette quête-enquête dans la terre natale transparaît la situation dramatique d’un pays meurtri par les années de guerre et de dictature.

Un an plus tard, en février 2003, devant l’imminence d’une nouvelle guerre, il retourne de nouveau en Irak et entreprend de filmer les siens avec le superstitieux espoir de les préserver des dangers qui les menacent. Rentré en France quand l’invasion américaine de l’Irak commence, il n’a plus de nouvelles de ses proches. Il revient en Irak deux mois plus tard et découvre un pays secoué par la violence, qui semble n’avoir échappé au cauchemar de la dictature que pour tomber dans le chaos, un pays où pourtant tout demeure possible, le meilleur comme le pire. Ce moment historique constitue la matière de son second documentaire, intitulé Nous les Irakiens.

En 2008, il termine son premier long métrage de fiction, L’Aube du monde, tourné en Égypte et interprété par Hafsia Herzi et Hiam Abbass.

En 2015, il revient au cinéma documentaire avec le monumental Homeland : Irak année zéro, long métrage d’une durée de cinq heures et demi.

 

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ABDERRAHMANE SISSAKO, parrain de l’association

Peu de temps après sa naissance en 1961, sa famille émigre au Mali, où il suit une partie de ses études primaires et secondaires. Après un court retour en 1980 en Mauritanie, il part en Union Soviétique, à Moscou, où il étudie le cinéma au VGIK (Institut fédéral d’État du Cinéma) de 1983 à 1989.

Au début des années 1990, Abderrahmane Sissako s’installe en France. En 1994, Il obtient, lors du 4e Festival du cinéma africain de Milan, le Prix du meilleur court métrage pour son film Octobre. En 1999, lors de la9e édition de ce même festival, il reçoit le Prix du meilleur long métrage pour La Vie sur terre, tourné l’année précédente.

Abdherramane Sissako est président du jury du festival Premiers Plans d’Angers en janvier 2007, membre du jury des longs-métrages au Festival de Cannes 2007, président du concours d’entrée à la Fémis en 2008, membre du jury du Festival international du film de Moscou 2014 et membre du jury du Festival international du film de Shanghai 2016

Abderrahmane Sissako est aussi président de la Ciné Fabrique, une école de cinéma et de multimédia basée sur Lyon.

Sa filmographie

1989 : Le Jeu (35mm, 23 minutes), travail de fin d’études. Situé dans le désert mauritanien et tourné au Turkménistan.

1993 : Octobre (35mm, 37 minutes), tourné dans la banlieue de Moscou. (Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes, Prix du meilleur court métrage au 3eFestival du cinéma africain de Milan).

1995 : Le chameau et les bâtons flottants (vidéo, 6 minutes) d’après Jean de La Fontaine. Adaptation tournée en Mauritanie.

1996 : Sabriya (vidéo, 26 minutes), dans la collection initiée par ArteAfrican Dreaming. L’action est située en Tunisie.

1997 : Rostov-Luanda (vidéo, documentaire de 59 minutes. Dans le cadre de Documenta X Kassel). Sur un ancien guérillero de la guerre pour la libération de l’Angola, qu’Abderrahmane Sissako avait rencontré seize ans plus tôt, à Moscou. (Prix de la meilleure vidéo au 8e Festival du cinéma africain de Milan)

1998 : La Vie sur terre (35mm, 67 minutes) (Prix du meilleur long métrage au 9e Festival du cinéma africain de Milan et Mention spéciale du jury au 16e FESPACOen 1999), tourné au Mali dans le village de son père.

2002 : En attendant le bonheur (Heremakono) (35mm, 90 minutes) (Grand prix-Étalon de Yenenga au 18e FESPACO en 2003), inspiré au cinéaste par son bref retour en Mauritanie en 1980.

2006 : Bamako, Grand prix du Public des Rencontres du Festival Paris CinémaPrix du Film du Conseil de l’Europe (2007), chanson du film interprétée par Oumou Sangaré

2014 : Timbuktu (ou Chagrin des oiseaux) Sélection officielle Festival de Cannes 2014.